AUDIENCE RECTEUR : Compte rendu

Dès l’annonce (le 14 janvier 2021) du ministre Blanquer, le SNEP Lyon a demandé audience au Recteur de l’académie de Lyon pour lui dire toute l’incompréhension de cette décision d’interdire l’accès aux installations sportives couvertes pour nos cours d’EPS.

Une première réponse de sa part nous aurait permis de ne le rencontrer  que le mardi 2 février. Nous avons repris l’annonce du ministre qui parlait d’une situation « bloquée » pour deux semaines et avons insisté pour qu’il avance ce rendez-vous. L’argument que cela pouvait devenir un signe de soutien de sa part à la profession a-t-il payé ?

Nous avons donc été reçus hier par M. DUGRIP, Recteur de l’académie, en présence de M.CURNELLE Secrétaire Général  et M. TAILFER, IA-IPR EPS.

Le SNEP était représenté par Pierre Delolme Secrétaire départemental SNEP 69 – Julien Giraud membre du Bureau académique SNEP Lyon en charge au niveau national des Stagiaires EPS et Eric Stodezyk secrétaire académique SNEP Lyon

Nous avons exprimé en tout premier lieu notre satisfaction d’avoir été reçu au nom de toute la profession dans le délai « réclamé ». Nous avons pu dire alors toute la colère, le désarroi et l’incompréhension qui habitaient un grand nombre de nos collègues devant cette décision d’interdire tout enseignement EPS dans des installations sportives couvertes. Nous avons pu aussi insister, suite au rendez-vous visio du lundi 18 janvier qui avait permis à certain-es d’entre vous de nous dire dans quelles situations ils se retrouvaient face à leur mission d’enseignement, sur votre impossibilité de proposer une EPS de qualité à vos élèves, que cette nouvelle montée en charge des contraintes pour faire face aux contraintes sanitaires étaient inacceptables. Nous avons fait état des heures perdues en EPS en grand nombre, des situations parfois compliquées dans lesquelles les enseignants d’EPS se trouvaient face à leur direction peu conciliante. Pour le moins, nous avons dit que cette EPS dehors n’était souvent plus de l’EPS.

Le Recteur est resté à l’écoute mais c’est avec bien peu d’empathie, bien peu de soutien qu’il nous a répondu en mettant en avant que tout avait été décidé au regard de la situation sanitaire comme si l’EPS, seule discipline touchée par les annonces du ministre le 14 janvier, présentait une dangerosité plus importante dans la vie des élèves dans leur établissement.

Quand nous avons argumenté que les enseignants EPS en étaient à leur 4ème rentrée depuis le 28 aout, qu’il ne leur était donné à chaque fois qu’un ou deux jours (parfois ceux d’un week-end) pour revoir l’EPS dans leur établissement, le secrétaire Général en annonçant que pour les services du rectorat, ils avaient souvent que 6 à 12 heures pour faire ce type de travail et que nous avions de la « chance », il nous a, de fait, confirmé toute l’improvisation que le ministre Blanquer montre devant la gestion de cette situation.

Autre sujet abordé : celui des classes à examen. L’IPR a été mandaté pour nous dire que rien à cette date n’avait été envisagé pour pallier à ces temps d’enseignements perdus qui ne permettent pas à cette époque de l’année (fin du trimestre 2) d’aller au bout de quelque certification que ce soit et de mettre en route les nouveaux référentiels demandés par l’institution. Nous avons rappelé que si les enseignants d’EPS avaient pris au pied de la lettre ce qui avait été préconisé par les IA IPR EPS en début d’année de démarrer les enseignements sans préoccupation certificative à court terme, ils – elles étaient dans une situation plus que problématique avec leurs élèves au regard de leur examen. Pas de solutions amenées en réponse.  

En termes de responsabilités et de sécurité, le Secrétaire Général a pu répondre avec précision :

  • Vigipirate ne nous empêche en rien de nous rendre à l’extérieur des établissements, que ce soit sur des installations sportives extérieures ou des espaces publics (parcs et autres)
  • Il faut signaler PAR ECRIT où se déroule CHAQUE COURS. Lorsque le déplacement est le même chaque semaine avec la même classe, il suffit de le préciser une fois (ne pas le faire chaque semaine). Le trajet pour s’y rendre doit répondre au principe du bon sens (pas de détours inutiles) et n’a pas besoin qu’il soit précisé.
  • L’utilisation d’espaces publics est autorisée et est gérée par la DSDEN. Pas besoin d’autorisation pour chaque établissement donc.
  • Pour toutes les sorties dans les espaces publics, c’est le chef d’établissement qui fixe les conditions de sécurité. Il faut donc que vous l’informiez du taux d’encadrement que vous mettez en place. Là aussi, il faut le faire PAR ECRIT mais une seule fois pour toutes.
  • Votre chef d’établissement peut vous demander d’assurer la sécurité des élèves (il en est de sa responsabilité et de notre devoir de fonctionnaire).

NB : Cela ne signifie pas qu’il peut exiger n’importe quoi. La sécurité oui, l’intervention dans d’autres champs disciplinaires, non. Un ordre de mission de sa part est alors nécessaire si cela se fait sur d’autres horaires que ceux prévus à votre emploi du temps.

Sur les Rendez Vous de carrière (PPCR), il a été dit que si un-e enseignant-e devait avoir un rendez-vous de carrière prochainement, les IA-IPR EPS prendraient contact pour demander si il-elle trouvait opportun de maintenir cette visite. En cas de réponse négative, votre rdv de carrière serai reporté.

Sur l’ensemble de ces points, l’inspection académique EPS s’est engagée à accompagner les enseignants d’EPS et à apporter son soutien si nécessaire que ce soit dans les relations avec les collectivités ou avec les chefs d’établissements.

Sur les Stagiaires, certaines visites d’accompagnement ont pu se faire. Elles devraient se faire après les congés d’hiver. Pour celles impossible à ce jour, il y aura report. Rien n’est encore avancé sur leur modalité de validation. A ce jour, aucune « alerte » sur nos jeunes collègues.

Cette audience avait été demandée sur cette actualité de la fermeture des Installations Sportives couvertes. Nous avons pu aller un peu plus loin dans nos remarques et questionnements.

Nous avons pu très rapidement questionner le Recteur sur :

– la Spécialité EPS : ouverture sur un lycée dans chaque département de cette spécialité. Elle sera faite à moyens constants sur les DHG donc en concurrence avec celles existant déjà puisque la Réforme en est à sa 2éme année et l’EPS avait été « oubliée ». Le SNEP a su faire le forcing auprès du Ministère. Il ne nous est pas confirmé que le choix serait à faire dans ces lycées entre cette spécialité et l’option EPS qui peut exister souvent sur ces établissements. Il n’y a pas eu d’appel à candidature mais un contact par les IA IPR EPS avec un certain nombre de lycées susceptibles de « candidater » et surtout de construire un dossier de candidature en 10 jours (délai très court). Nous intervenons sur la nécessité pour la rentrée 2022 de mettre en place cet appel à candidature puisqu’il nous est confirmé que dans le cadre proposé par Monsieur le Recteur de revoir chaque année l’implantation des spécialités dans les lycées de notre académie il y aura extension de cette proposition de spécialité EPS. Rien ne nous est dit sur les critères de sélection pour les implantations de cette année.

Remarque hors compte rendu : nous avons pu dès le lendemain nous rendre compte que toutes les informations ne nous avaient pas été données. En effet, sur le site EPS de notre académie sur ce dossier était donnée l’information qu’en CTA la liste des établissements avait été annoncé avec une implantation dans un lycée privé. Or ni en CTA, ni en présentiel ce jour nous avons été destinataires de cette information. Un certain doute donc nous a envahi sur ce qui a pu nous être dit lors de cette audience.  

– Ouverture poste EPS au lycée de Gerland : ce lycée n’a pu ouvrir en septembre 2020. Tous les postes (rappel du  refus d’ouverture à l’époque d’un poste EPS pour les 10H + 3h UNSS sur cet établissement) étaient des postes spécifiques académiques car ce lycée sera celui du « numérique ». En EPS, aucune décision n’est prise encore sur un profil « numérique » pour enseigner dans ce nouveau lycée. En attente donc.

– Bac Pro « Métier du Sport » : projet ministériel avec ouverture pour la rentrée 2021. C’est un dossier complétement au point mort. Situation pour le moins ubuesque puisque les LP et les SEP sont sur leur préparation de rentrée avec des DHG sans moyens spécifiques pour cette ouverture.

–  Réforme du concours de recrutement : c’est la gestion des Masters alternants. Des étudiants qui l’année de leur concours seront en responsabilité dans des établissements à hauteur de 6h hebdomadaires. La réforme est lancée par le ministère mais sur le Rectorat de Lyon, pas encore vraiment d’informations excepté que ce sera plus de 550 supports à 6h qu’il faudra trouver dans les établissements. Combien en EPS ? Pas de réponses.                                                                                                                                                       ( Un rappel :  chaque année c’est autour de 40 supports à 8 ou 9h EPS qui sont « cherchés » dans les établissements pour les Stagiaires CAPEPS. Une des solutions est systématiquement de bloquer des postes qui ne passent pas au mouvement. Notre académie a un nombre très conséquent de Masters préparant le CAPEPS. La conséquence : un mouvement intra-académique  bien maigre en prévision donc – une mobilité des PEPS très gênée, voir empêchée.

Le dialogue a été lors de cette audience courtois. Un peu moins quand nous avons fait état du dernier courrier des IA IPR EPS qui sur notre académie disait qu’ «  en cas de contraintes fortes induisant une limitation des horaires d’enseignement EPS les enseignants EPS pourraient être sollicités par le chef d’établissement pour intervenir dans d’autres champs que celui de l’EPS, ceci afin d’assurer une meilleure prise en charge des élèves » et que le SNEP-FSU commeles professeurs EPS ont perçu comme une « invitation » à enseigner autre chose que leur discipline. Nous avons redit notre statut. Le Secrétaire Général nous a mis devant notre corps de fonctionnaire donc devant, si besoin, répondre aux sollicitations du chef d’établissement. Nous avons redit que celui-ci devait tout mettre en œuvre pour que les conditions d’enseignement de l’EPS par les enseignants EPS soient mises en place. Cela n’empêche en rien un-e de nos collègues de s’inscrire dans une prise en charge de ses élèves de manière volontaire autre qu’un cours EPS.

Les militants SNEP FSU LYON